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http://www.premier-ministre.gouv.fr/qr_pdf.php3?id_article=56861&date_article=20080516144911

À sa sortie du tribunal, hier à Nice, Véronique a eu l'impression de ne pas avoir avancé. « Tout le monde est charmant, mais en attendant... » : Photo François Vignola
D'un côté, les représentants de la préfecture et des bailleurs sociaux. De l'autre, deux « demandeurs prioritaires », comme on les nomme désormais. Un face-à-face inédit, premier du genre, hier au tribunal administratif de Nice, depuis la mise en oeuvre du DALO (Droit au logement opposable).
Ce droit permet aux personnes qui ne peuvent accéder à un logement décent de saisir une commission de médiation qui va décider si oui ou non le demandeur est réellement prioritaire (voir par ailleurs). Si c'est le cas, la préfecture dispose alors de six mois pour proposer un logement. À l'expiration de ce délai, si rien n'a bougé, les bénéficiaires de la promesse de logement peuvent se tourner vers la justice pour obtenir satisfaction.
Et hier, ce fut le cas. Devant Norbert Calderaro, président de la 3e chambre du tribunal administratif de Nice. Une audience particulière, médiatisée compte tenu de son caractère inédit et mettant en lumière des situations personnelles délicates.
Véronique (Le Cannet) : « Je vais être expulsée le 15 mars »
Véronique Vial ne cache pas qu'elle veut alerter l'opinion sur sa situation et celles des gens qui vivent comme elles. Elle n'a même pas à parler pour que tout le monde se rende à l'évidence : faute de pouvoir accéder à la salle d'audience en étage du tribunal, c'est dans un tout petit bureau réservé au courrier et aux affranchissements que l'affaire a été évoquée...
« Je suis handicapée en fauteuil roulant et j'ai une fille de 9 ans. Je vis au Cannet où j'ai mes habitudes, mes amis. Ma fille y est scolarisée. Depuis 2000, je fais des demandes de logement. Mais je n'ai rien. Et le 15 mars, c'est la rue qui m'attend. Mon propriétaire récupère son appartement. » Valérie Vial a été considérée comme prioritaire dans le cadre du DALO. La préfecture lui a bien proposé trois appartements, mais elle les a refusés. Parking inaccessible pour une personne en fauteuil, crainte des rez-de-chaussée, angoisse et vertige au franchissement d'une passerelle... « Je suis désolée, mais la maladie, avec l'âge, est évolutive. Je dois être sûre de faire ma vie correctement. On me dit que je suis difficile, que je demande des choses incroyables. Mais vous avez vu comment sont conçus certains immeubles ? »
Du côté de la préfecture, c'est vrai que l'on sent un peu d'agacement : « Mme Vial n'avait pas complètement précisé son état de santé initialement. On ne savait pas qu'elle avait peur en rez-de-chaussée et qu'elle souffrait d'angoisse et de vertiges. On a fait le maximum, on a cherché des solutions pour trouver le bon garage, la place de parking suffisamment large. Mais dans le secteur du Cannet et de Cannes, que voulez-vous que l'on fasse ? »
Le juge - qui a visité les appartements en question - va dire dès aujourd'hui ce qu'il faut faire. Deux options s'offrent à lui. Soit il estime que la préfecture a fait son travail en présentant des appartements adaptés à la situation de Mme Vial. Soit il donne ordre à la préfecture, sous astreinte financière, de proposer un autre appartement à la dame en fauteuil roulant.
Abderrahaman (Roquebrune-Cap-Martin) : « Dans 20 m2 avec deux enfants »
Agent technique à la mairie de Cap-d'Ail, Abderrahaman Azeroil se démène depuis des années pour avoir un logement social. Sans résultat. En attendant, il vit avec sa femme et ses deux enfants dans un studio de 20 m2 à Roquebrune où il paye 405 e avec les charges. Hier, il était assisté d'une avocate Me Leau, pour obtenir ce à quoi il a droit.
Une discussion s'est engagée pour savoir si le délai de six mois était expiré ou pas avant de mettre en cause la responsabilité du préfet. Mais au-delà de cette question de procédure, reste à savoir si la situation de cette famille va se débloquer. A priori, on serait sur la bonne voie. M. Azeroil est aujourd'hui en première position pour obtenir un appartement F3 à Menton, pris sur le contingent préfectoral des logements sociaux et qui sera disponible dans un programme neuf au mois de mars.
Le Gouvernement a déclaré l'hiver dernier le logement des personnes sans abri et mal logée Chantier National Prioritaire pour 2008-2012. Suite à la rencontre du Collectif des Associations Unies, dont font partie les Restaurants du Coeur, avec le Premier Ministre le 28 janvier dernier; l’ensemble des associations suit la mise en œuvre des engagements du Gouvernement à travers 100 mesures prioritaires et proposées par le collectif associatif pour la réussite de ce Chantier.
Un baromètre trimestriel permet de visualiser les évolutions selon 4 grands thèmes :
Télécharger le Baromètre N°2 (sept 08)
Télécharger le Baromètre N°1 (mai 08)
Télécharger le tableau de bord (sept 08) pour en savoir plus sur les 100 mesures.
La réunion s'est tenue dans la salle polyvalente de Saint-Jacques en présence des acteurs sociaux. : L'agglomération grassoise comprend près de trois cents places de logements pour les personnes en très grande difficulté, et environ trois mille en HLM classique. C'est pour mieux appréhender ce problème qu'une réunion s'est tenue, dernièrement à la salle polyvalente de Saint-Jacques, à l'initiative du centre communal d'action sociale.
« Ce type de rencontre est organisé tous les trois mois, confirme Sophie Guichard, car les assistantes sociales ont besoin d'être au fait des moyens dont elles peuvent disposer. Régulièrement, les gens en difficulté s'adressent à elles, qu'elles soient sur secteur ou au Centre communal d'action sociale. La réunion offre un panoramique sur ce que nous appelons le parcours résidentiel. »
L'appellation désigne les différentes étapes de l'accession au logement. Depuis l'accueil de nuit, une quinzaine de places à Grasse, jusqu'aux premiers appartements bénéficiant du programme locatif aidé et très social, le PLATS. En passant par les foyers de jeunes travailleurs, une quarantaine de chambres actuellement, ou les sites destinés aux travailleurs immigrés, 233 disponibilités à Grasse.
Accroître l'offre pour tous les publics
Voilà pour l'existant. Mais des évolutions ont été annoncées par les participants. Ainsi de l'Adoma, qui ne réserve plus ses logements aux seuls immigrés. « Nous sommes en train d'ouvrir nos structures à d'autres personnes, celles en difficulté, explique Michèle Cousin, directrice de l'agence Cannes-Grasse. Nous allons remplacer une partie des chambres par des studios, destinés aux familles monoparentales ou aux jeunes. »
Même vent d'espoir à l'association Accompagnement promotion insertion, API. « En 2009, nous disposerons d'un parc de logements en foyer de jeunes travailleurs de 95 places contre 38 actuellement, explique Alexia Facchinetti, sa représentante. D'autre part, notre action se poursuit dans les résidences sociales, avec plus d'une soixantaine d'offres. »
Celles-ci sont destinées aux personnes qui ont évolué dans le parcours résidentiel et en sont au point de pouvoir tenir leur appartement, sans avoir les moyens financiers de payer le loyer. Comme pour l'association de la Villa Sainte-Camille qui dispose ainsi d'une vingtaine de logements en plein centre historique. « Notre plus grosse unité se trouve malgré tout à Théoule, précise Armelle Subra, responsable du pôle social à l'association.
Toutes ces associations font partie d'un collectif « Logements » initié par le Pôle Azur Provence. « Des projets sont en cours, pour tenter de répondre aux besoins en logements sociaux, confirme Marc Rossio, responsable au service logements du PAP. Comme l'opération de la Tourache, où est prévue une soixantaine d'accessions à la propriété. »