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Catégorie Appel aux bénévoles :

mercredi 24 décembre 2008

Alpes-Maritimes : L'appel pressant aux bénévoles

 Les associations subissent les effets de la crise. Les bénévoles ne sont plus assez nombreux. Ici, au centre d'action sociale de Nice.  :  Photo Achour Abbes Les associations subissent les effets de la crise. Les bénévoles ne sont plus assez nombreux. Ici, au centre d'action sociale de Nice. : Photo Achour Abbes
 

Indispensables au fonctionnement des associations humanitaires, les bénévoles sont trop peu nombreux. « Pour la seule ville de Nice, avance Marilyne Trabucatti au nom du Secours populaire, il en manque près d'une centaine. On a notamment besoin de gens pour les tournées nocturnes (les maraudes) des lundis et mercredis auprès des SDF. »

Sans lien apparent avec la crise économique, cette baisse des vocations remonte à plusieurs années. Pour expliquer le phénomène, on met en avant l'individualisme de la société, la peur de l'autre. « De nombreuses personnes sont effrayées par la misère. Elles se disent : et si demain c'était moi ? » indique un cadre.

80 % de femmes

« Et puis les exigences augmentent à l'encontre des sélectionnés, ajoute Marie-Christine Manivet du Secours catholique. On leur demande de se spécialiser, de connaître les dispositifs sociaux, de suivre des formations à l'accueil et à l'écoute. »

En majorité retraités, les bénévoles sont à 80 % des femmes. « Celles-ci, décrypte Marie-Christine Manivet sont peut-être plus généreuses, plus orientées vers les autres. Les hommes intégrant le tissu associatif recherchent peut-être plus un rôle social, des responsabilités compensant celles perdues au moment de la cessation de leur activité professionnelle ».

Les bénévoles se rendent utiles de quelques heures à plusieurs jours par semaine. Ils servent le café et des repas aux exclus, les orientent dans diverses démarches. S'ils sont médecins ou psychologues, ils donnent des consultations gratuites. Anciens enseignants, ils dispensent des cours de français aux demandeurs d'asile, n'hésitant pas à recourir au dessin pour vaincre les barrières linguistiques.

Au Secours catholique, des bénévoles font même le marché. Pour faire découvrir à des étrangers des légumes à leurs yeux inconnus, tels l'artichaut ou l'endive, puis pour leur apprendre à les cuisiner.

J.p. F.
Nice-Matin
 
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mercredi 24 décembre 2008

Alpes-Maritimes : Des associations humanitaires débordées par les besoins

 Longtemps, les associations ont secouru un public constitué de sans papiers, de demandeurs d'asiles, de Rmistes et de chômeurs. Aujourd'hui, elles accueillent de nouveaux pauvres d'horizons très divers.  :  Photo Achour Abbes Longtemps, les associations ont secouru un public constitué de sans papiers, de demandeurs d'asiles, de Rmistes et de chômeurs. Aujourd'hui, elles accueillent de nouveaux pauvres d'horizons très divers. : Photo Achour Abbes

Le dernier mois de l'année est traditionnellement chargé pour les associations humanitaires, qui multiplient à cette époque les gestes de solidarité à l'attention des exclus de la société. Décembre 2008 aggrave encore le stress des structures caritatives, désormais confrontées à un afflux de personnes en grande précarité. La faute bien sûr à la crise économique, dont les effets, cumulés à la flambée des prix des produits alimentaires, se font durement ressentir.

En 2007, le Secours populaire avait aidé 15 000 nécessiteux dans les Alpes-Maritimes. Fin novembre 2008, il en était à 22 000, soit une augmentation d'au moins 50 %. « Depuis le passage à l'euro en 2002, le nombre de demandeurs grimpait régulièrement. Mais jamais il n'avait explosé de la sorte », explique la directrice Marilyne Trabucatti.

Veuves, étudiants et mères de famille

« On est débordés, au point à certains moments de ne pouvoir recevoir tout le monde dans nos permanences d'accueil. » Longtemps, les associations ont secouru un public déterminé, constitué de sans papiers, de demandeurs d'asiles, de Rmistes et de chômeurs. Aujourd'hui, elles accueillent de nouveaux pauvres d'horizons très divers.

Des veuves incapables de survivre avec la pension de réversion du défunt mari (soit la moitié de la retraite de l'époux) et ne se chauffant plus l'hiver. Des mères de famille divorcées ne pouvant plus élever seules les enfants. Des étudiants sollicitant le paiement de leur inscription à l'université et repartant avec un colis alimentaire. Des Smicards dormant dans leur voiture, faute de logement.

De plus en plus sollicitées, les associations humanitaires peinent à satisfaire toutes les demandes.

« Faute d'argent, la Croix-Rouge, indique la présidente de la délégation locale de Nice, Anne Dondet, n'a pu participer au financement du voyage ferroviaire d'un demandeur d'asile convoqué à Paris par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). »

« Le Secours populaire, avance sa directrice, dit encore oui à tout le monde. Pour combien de temps ? »

Baisse des dons et des subventions

Car les associations subissent, elles aussi, les effets de la crise. Les bénévoles, sans lesquels rien n'est possible, ne sont plus assez nombreux (voir ci-contre). Les subventions allouées par les collectivités s'érodent. Les dons de particuliers et d'entreprises suivent la même courbe descendante.

Pour remplir la caisse, les initiatives se multiplient. À Nice, des bénévoles de la Croix-Rouge confectionnent les paquets cadeaux à la librairie de la Sorbonne, dans les magasins Fnac et Virgin. Avec un résultat mitigé. « Des clients remercient et ne glissent aucune pièce de monnaie dans le tronc », déplore un responsable.

Le monde caritatif devra-t-il limiter le nombre de ses bénéficiaires ? Pour l'instant, il ne cède pas au découragement. « Si le réconfort que l'on apporte s'apparente à une goutte d'eau, résume un cadre, il n'en demeure pas moins indispensable. »

Jean-paul Fronzes
Nice-Matin
 


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