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Grasse : manifestation « contre l'injustice »

mercredi 24 décembre 2008 Dans le calme mais animées par un fort sentiment d'injustice, quelque 150 personnes ont pris part hier à la manifestation organisée devant le palais de justice.  :  Xavier Giraud

Grasse : manifestation « contre l'injustice »

 

Du monde, mais sans plus. Et surtout de la dignité... Les parents, les amis d'Hakim Ajimi et une bonne partie de ceux qui soutiennent leur action se sont retrouvés, hier matin, devant le palais de justice de Grasse. Sans haine, sans violence, la manifestation visait essentiellement à attirer l'attention des magistrats sur le sentiment d'incompréhension qui préside parmi les proches d'Hakim, après la non-mise en examen des deux policiers responsables de l'interpellation qui avait entraîné la mort du jeune homme de 22 ans, le 9 mai dernier. Les fonctionnaires, rappelons-le (Nice-Matin du 16 décembre), ont été placés contre toute attente, sous le statut de témoins assistés.

Hier, il y avait beaucoup d'émotion dans la voix des intervenants. De la colère aussi... « Vous devriez avoir honte, ont ainsi pu entendre les policiers qui formaient un cordon de protection à l'entrée du palais. Tuer les gens, c'est donc tout ce que l'on vous apprend à l'école de police ? » Et encore, ces mots forts que les représentants de la loi encaissent sans répliquer : « Les voyous aujourd'hui sont là, de l'autre côté. Nous sommes face à des meurtriers... Mais ne faisons pas d'amalgame. Il y a aussi des gens droits dans la police. »

« La justice est complice »

Un peu plus tard, Walid Klai, cousin de la famille et porte-parole du comité de soutien nous explique : « La colère est là. On veut dénoncer une complicité de la Justice. L'impression qui se dégage de tout cela, c'est que celle-ci fait du corporatisme avec la police, qu'elle n'a pas un jugement impartial dans cette affaire. Nous, on demande une nouvelle expertise médicale et que les seize témoins du drame soient entendus par le juge d'instruction. »

Dans les rangs des manifestants, la famille d'Hakim est là, bien sûr. A commencer par le père, Boubaker, toujours très digne... « Je veux que les juges me disent de quoi mon fils est mort. Pas moins de neuf témoins rapportent qu'Hakim était inerte lorsqu'il a été transporté dans la voiture. Alors... J'aimerais pouvoir discuter avec le procureur, s'il me convoquait. Moi, je ne comprends pas ce que c'est qu'un témoin assisté. Encore une fois, qu'on me dise de quoi est mort Hakim. Si l'on ne peut plus faire confiance aux scientifiques, alors à qui ? (ndlr, le rapport d'autopsie avait conclu que le jeune homme avait succombé à une asphyxie mécanique). »

Parmi la foule encore, les représentants de diverses associations : le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) qui estime que « la réponse policière a été disproportionnée par rapport à la façon dont Hakim s'est défendu », la FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives) et la Ligue des droits de l'Homme. Quelque 150 personnes en tout, qui se sont ensuite dispersées dans le calme, une promesse sur les lèvres : « Vous ne nous endormirez pas. On reviendra. »

Éric Farel
Nice-Matin


24/12/2008
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